L'entrevue (vue par Sërine)

Sërine n'était pas spécialement douée pour les affaires de mercenaires, les intrigues et les plans politiques complexes mettant en jeu de l'argent...

Elle était de l'Ordre des Paladins, et pas négociatrice. On lui avait appris la confiance aveugle, et que ce qui n'était pas blanc était noir, et que le noir on le cramait à grand coups de Lumière. Mais Sërine avait bien eu des désillusions dues à son Ordre - la traîtrise du prince Kael'thas Haut-soleil et la perte du naaru M'uru - et pensait qu'il faudrait peut-être se recycler. Cette idée la laissait pour autant assez dubitative et peu sûre d'elle. La requête de Namelian avait été une bonne occasion. Un contrat de mercenaire, qui menait à des salades bien plus compliquées que l'objectif qui avait été donné en quelques mots. Sërine se demanda donc si ce n'était pas l'occasion de s'essayer au trafic d'informations pour en tirer quelque profit. La halte à Cabestan lui semblait une occasion en or. Dès qu'elle avait su que la compagnie devait s'y rendre, elle envoya une missive à Filbrehim, qui était certainement une Taurène terrible aux solides moyens financiers, connaissant sa réputation. Le soir même de leur arrivée, un message attendait donc Sërine à l'auberge miteuse ; il lui signalait un rendez-vous dans une arrière-boutique dont le propriétaire serait sorti à point nommé.

Sërine n'eut pas de mal à s'éclipser, laissant ses compagnons plongés dans la chaude ambiance de soirée de la taverne, et elle se rendit au lieu prévu. Filbrehim était déjà là, et Sërine espéra qu'elle avait tout fait pour ne pas se faire remarquer. Durant la discussion qui s'ensuivit, Serine essaya de faire bonne figure, tentant de laisser filtrer les informations au compte-goutte pour piquer la curiosité de Filbrehim et lui provoquer une inquiétude encline à céder à toute demande pécuniaire. Mais l'Elfe dut admettre, avec une pointe d'amertume, qu'elle n'était pas rodée à ce genre d'exercice et que bien des choses lui avaient échappées. Elle tiré de l'orgueil par ses conclusions de l'affaire mais, visiblement, peu de choses étaient à même d'étonner la Taurène.
Que le Tauren disparu était Almimaï ? Pas surprenant, vu ses fantaisies habituelles.
Que Namelian ait été maladroit ? Sans nul doute.
Que le cousin égaré fût accompagné d'une Taurène ? Filbrehim sut même en donner le nom.
Non, finalement, rien dans les bases de l'intrigue n'aurait pu surprendre l'Ancienne.
Par contre, elle se montra bien plus ennuyée par le fait que la troupe fut enlevée par les gobelins et transportée bien loin. Sërine sut qu'elle était enfin en position de force et fit valoir les risques que comportaient une telle mission...
Filbrehim, alors inquiète et impuissante en dépit de ses relations, assura à Sërine qu'elle couvrirait tous les frais nécessaires. Il n'en fallait pas plus et la rencontre clandestine s'arrêta là. Sërine repartit avec des garanties multiples, sous forme de bonnes paroles mais aussi de bonnes pièces, avec toutefois une impression mitigée. Mais au final, elle avait tiré son épingle du jeu et ce n'était pas si mal. Elle rejoignit sa compagnie à l'auberge.
Cette dernière ne s'était pas spécialement alarmée de ne pas avoir l'Elfe à portée de vue quelques temps. Il restait tout de même à accomplir le contrat, et ça, c'était une partie qu'il allait falloir jouer fine...